« La fatigue des pilotes n’existe pas sur les vols moyen-courriers », « Les pilotes [de Ryanair] volent un maximum de 18 heures par semaine ». C’est par ces deux affirmations que Michaël O’Leary, PDG de la compagnie, répond aux pilotes de Ryanair, balayant par ces quelques paroles le malaise contenu de longue date par les intéressés.

Volonté de détourner l’attention des passagers excédés par les annulations de vols en cascade à la dernière minute ? Volonté de reporter la faute de la mauvaise gestion des programmes de vols de la compagnie sur une catégorie de salariés en particulier ? Volonté de dissimuler les nombreux départs de navigants vers la concurrence ? Volonté de nier l’existence de récentes décisions de justice peu favorables à la compagnie ? Comme pour les associations de pilotes de ligne en Europe, ces propos sont jugés inacceptables pour le SNPL France ALPA, qui s’exprime dans un communiquer.

Pour le SNPL, outre le fait que le PDG de Ryanair nie publiquement l’existence d’un phénomène particulièrement présent parmi ses pilotes, à savoir une fatigue liée à des cadences de vols conséquentes, il vient surtout mettre à mal la sécurité des vols elle-même. En effet, l’OACI encourage la rédaction par les pilotes de rapports sur la fatigue à des fins d’entretenir une véritable culture de sécurité chez les transporteurs.

« En traitant avec mépris des pilotes qui ont consenti de nombreux efforts pour permettre à la compagnie de poursuivre ses opérations malgré l’accroissement exponentiel de son réseau et de sa flotte, le PDG de Ryanair fait également fi de leurs aspirations à des changements profonds dans les méthodes de management de la compagnie. »

Rappelons que nombre d’entre eux ne sont pas directement employés par Ryanair mais opèrent sous la forme d’emplois atypiques, selon un statut d’auto-entrepreneur, via des structures intermédiaires ou en travail temporaire, offrant une très grande flexibilité de main d’œuvre à leur employeur. Des pratique inhabituelles dans le secteur qui place selon le SNPL les pilotes de la compagnie low-cost dans une situation de précarisation, alors même que les organisations professionnelles sont absentes de la compagnie irlandaise.

« Le mouvement de grogne des pilotes de Ryanair de ces derniers jours est inédit tant par son ampleur que par sa portée. Parce que le modèle proposé par Ryanair est devenu intenable, nous devons à nos collègues de poursuivre notre travail aux côtés de nos partenaires européens pour permettre à tous les pilotes concernés d’obtenir les contrats et les conditions de travail les plus stables possibles ». explique Christophe Tharot, président du SNPL France ALPA

Dans ce contexte, le SNPL France ALPA explique qu’il n’est pas surpris de constater les nombreux départs de pilotes Ryanair vers des compagnies « dont les pratiques et la gestion des ressources humaines s’avèrent moins discutables ». Le syndicat de pilote se réjouit que ces difficultés, régulièrement dénoncées par les associations européennes de navigants mais longtemps tues par les pilotes de Ryanair, soient enfin portées sur la place publique.

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