Le World Travel & Tourism Council (WTTC), qui réunit les dirigeant(e)s des plus grandes entreprises du secteur (aérien, hôtellerie, croisières, tour‑opérateurs…), met en garde contre les conséquences économiques majeures d’un projet de durcissement des règles d’entrée aux États‑Unis.
Selon la dernière étude publiée fin janvier par le WTTC, l’élargissement des obligations de divulgation des comptes de réseaux sociaux dans le cadre du programme ESTA pourrait entraîner une chute significative de la demande internationale, avec jusqu’à 15,7 milliards de dollars de dépenses touristiques en moins et 157 000 emplois menacés dans le pays.
Un tiers des voyageurs internationaux dissuadés
Ces conclusions s’appuient sur une enquête menée dans plusieurs pays éligibles à l’ESTA, combinée à une modélisation économique réalisée avec GSIQ et Oxford Economics. Elles révèlent que 34 % des voyageurs interrogés seraient moins enclins à se rendre aux États‑Unis dans les deux à trois ans suivant l’entrée en vigueur de ces nouvelles obligations. Seuls 12 % indiquent qu’ils seraient davantage motivés à voyager vers le pays.
La notoriété du projet est déjà élevée : 66 % des répondants déclarent en avoir entendu parler, ce qui laisse présager un impact rapide sur le comportement des voyageurs si la mesure était adoptée.
Une perception dégradée de l’attractivité américaine
Au‑delà de l’intention de voyage, l’étude met en lumière un enjeu d’image. Une majorité des personnes interrogées estime que ces nouvelles exigences rendraient les États‑Unis moins accueillants, tant pour les voyages de loisirs que d’affaires. Beaucoup considèrent également que cette politique serait plus intrusive que celles appliquées par d’autres grandes destinations comme le Royaume‑Uni, le Canada, le Japon ou les pays d’Europe occidentale.
L’impact sur la sécurité perçue reste limité : la plupart des répondants jugent que ces mesures n’amélioreraient pas leur sentiment de sûreté lors d’un séjour aux États‑Unis.

La Vegas, USA
Un risque économique majeur pour le tourisme américain
Dans son scénario le plus défavorable, le WTTC estime que les États‑Unis pourraient perdre jusqu’à 4,7 millions d’arrivées internationales en 2026, soit une baisse de 23,7 % des visiteurs en provenance des pays éligibles à l’ESTA. Les pertes économiques associées atteindraient 21,5 milliards de dollars de PIB, dont 15,7 milliards directement liés aux dépenses touristiques.
L’impact sur l’emploi serait particulièrement marqué, avec 157 000 postes menacés dans le secteur du voyage et du tourisme, soit l’équivalent du nombre d’emplois habituellement créés en un trimestre dans l’économie américaine.
Ces projections interviennent alors que les États‑Unis peinent déjà à retrouver leur niveau de fréquentation pré‑pandémie, avec un déficit estimé à 11 millions de visiteurs entre 2019 et 2025 selon les données compilées par le WTTC.
Une mise en garde adressée aux décideurs américains
Pour le WTTC, cette politique placerait les États‑Unis en situation de désavantage concurrentiel sur un marché mondial où les destinations rivalisent pour attirer les voyageurs internationaux. L’organisation appelle les autorités américaines à réévaluer l’impact potentiel de ces mesures sur l’économie, l’emploi et la compétitivité du pays.
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visuels : PB
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