La Marine nationale a officiellement réceptionné son premier Pilatus PC‑24, marquant une étape clé dans la modernisation de ses moyens de liaison et d’entraînement. L’appareil est arrivé à Landivisiau ce midi (vol PCH619).

Ce jet léger biréacteur, conçu par le constructeur suisse Pilatus Aircraft, vient remplacer progressivement les Dassault Falcon 10, en service depuis près de cinquante ans au sein de l’escadrille 57S basée à Landivisiau.

Avec cette première livraison, l’aéronautique navale amorce une transition vers une flotte plus moderne, plus flexible et mieux adaptée aux besoins opérationnels contemporains.

Un remplaçant moderne pour les Falcon 10 de l’escadrille 57S

Falcon 10 de la Marine naționale (archives ACTU AERO)

Falcon 10 de la Marine naționale (archives ACTU AERO)

Le PC‑24 reprend les missions essentielles assurées jusqu’ici par les Falcon 10 : formation IFR (vol aux instruments) des pilotes de chasse embarquée, maintien des qualifications au vol sans visibilité, liaisons rapides et transport léger au profit de l’état‑major. L’arrivée de ce nouvel appareil permettra de rationaliser les opérations et d’améliorer la disponibilité des moyens d’entraînement, un enjeu majeur alors que la Marine prépare l’arrivée du porte‑avions de nouvelle génération (PANG) et la montée en puissance du Rafale Marine F5.

Un jet « tout‑terrain » pensé pour les environnements exigeants

Surnommé par Pilatus le « Super Versatile Jet », le PC‑24 se distingue par une polyvalence rare dans sa catégorie. Capable d’opérer sur pistes courtes, sommaires ou non revêtues, il peut être mis en œuvre en monopilote, un atout pour les missions de formation et de liaison.

Avec une vitesse de croisière supérieure à 800 km/h et une cabine modulable dotée d’une porte cargo, l’appareil combine les performances d’un jet d’affaires avec des capacités proches de celles d’un avion utilitaire. Cette flexibilité répond parfaitement aux besoins de l’aéronautique navale, qui doit pouvoir intervenir rapidement sur un large spectre de missions.

Une acquisition sous forme de location, une première pour la Marine

Particularité notable du programme : les trois PC‑24 destinés à la Marine ne sont pas achetés mais loués via Jet Aviation, qui assurera également leur maintien en condition opérationnelle (MCO). Cette formule, déjà utilisée dans d’autres armées européennes pour certains types d’aéronefs, permet de garantir une disponibilité élevée tout en maîtrisant les coûts de possession.

Marine Nationale PC-24 à son arrivée sur la base de Landivisiau (France) le 17 mars 2026

Marine nationale PC-24 à son arrivée sur la base de Landivisiau (France) le 17 mars 2026

Avec cette flotte, la Marine nationale devient le premier opérateur militaire européen du PC‑24. Les livraisons s’échelonneront entre 2026 et 2027.

Une montée en puissance progressive jusqu’en 2027

Après ce premier appareil, deux autres PC‑24 rejoindront l’escadrille 57S dans les prochains mois. Leur arrivée permettra de retirer progressivement les Falcon 10, dont la maintenance devenait de plus en plus complexe en raison de l’âge de la flotte.

À terme, le PC‑24 offrira à la Marine une plateforme plus moderne, plus économique et mieux adaptée aux exigences actuelles de formation et de soutien. Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large observée dans les forces armées françaises, qui privilégient désormais des appareils plus polyvalents et plus efficients pour les missions de soutien.

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Lann‑Bihoué accueille le dernier Atlantique 2 modernisé, un atout clé pour la Marine nationale

visuels : Romain POCHART et ACTU AERO

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