A l’occasion du Salon IFTM Top Resa qui se tenait à Paris la semaine dernière, Yoann Paulin le Directeur Général Délégué d’Air Caraïbes a accepté de répondre à nos questions pour tirer un premier bilan de l’année, revenir sur la saison d’été 2021 et évoquer le programme de vols pour l’hiver.

L’occasion également de revenir ensemble sur le contexte sanitaire et économique difficile de ces derniers mois mais aussi d’aborder les vols spéciaux d’évacuation sanitaire (EVASAN) pour acheminer vers la métropole des patients ultramarins admis en réanimation.

/// ACTU-AERO : Comment s’est passé le début de l’année et quel bilan pour l’été qui s’achève ?

Yoann Paulin : Le début de l’année avait plutôt mal démarré malgré une période de regain des réservations observée pour les fêtes de noël. Dès la mi-janvier cette dynamique s’est arrêtée à cause de la 3e vague et du confinement de la métropole, nous avons donc régulé notre programme de vols et ce sur quasiment la totalité du 1er semestre de l’année 2021.

Ce début 2021 a donc été extrêmement compliqué, nous étions sur des bases qui étaient même pires que celles de 2020. On a eu de nouveau de l’espoir vers la fin du mois de mai avec une reprise même assez forte des réservations et une tendance sur juillet-août qui dépassait nos espérances. On s’attendait à faire un cœur de saison plus que convenable mais malheureusement,  la 4e vague et le variant Delta sont arrivés aux Antilles.

La propagation du virus en Martinique et en Guadeloupe a fait que des mesures sanitaires ont été prises par la préfecture dès le 12 juillet pour les vols entre les deux îles puis les 21 et 26 juillet pour les motifs de retour impérieux sur les vols Paris – Pointe-à-Pitre et Paris – Fort-de-France. Cela a logiquement mis un coup d’arrêt brutal aux réservations et déclenché un nombre important de demandes d’avoirs ou de remboursements de vols qui a impacté nos résultats de l’été.

Nous avons réussi à nous en sortir malgré tout car nous avions déjà engrangé un certain nombre de réservations et que nous avons quand même opéré nos vols pour ramener en métropole ceux qui étaient déjà aux Antilles. On a ainsi pu maintenir un programme de vols conséquent et avoir un été que je qualifierais comme correct mais pas à la hauteur de nos ambitions.

Depuis le mois de septembre on s’imaginait le pire car l’arrière saison est toujours une période compliquée. On avait donc construit deux scénarios, un scénario assez bas et un moyen mais force est de constater que c’est un peu mieux que ce qu’on avait prédit. On s’oriente plutôt vers le scénario intermédiaire pour septembre et octobre.

/// ACTU-AERO : Où en sont les réservations sur le marché des Antilles pour la fin de l’année ?

Yoann Paulin : Ce sont des destinations qui plaisent et il y a une forte demande quand les conditions sanitaires sont au rendez-vous. On l’a vu en fin d’année dernière où on a rempli tous nos vols pour Noël en trois semaines et encore cet été avec la reprise des ventes dès la fin mai. Il y a une dynamique sur les réservations dès que les conditions sanitaires s’améliorent. Cela nous donne de l’espoir pour la fin de l’année.

On a un programme de vols ambitieux à partir de la mi-décembre au départ de Paris avec 3 vols par jour sur Pointe-à-Pitre et quasiment 3 vols quotidiens vers Fort-de-France. Nous volons aussi sur la République Dominicaine, avec 6 vols par semaine vers Punta Cana et sur Saint-Marin avec 3 rotations hebdomadaires. On espère qu’il n’y aura pas de 5e vague et ainsi pouvoir opérer nos rotations de façon tout à fait normale.

/// ACTU-AERO : La flotte est-elle aujourd’hui exploitée à plein régime ou des avions sont-ils encore en stockage ?

Yoann Paulin : Le mois dernier nous avons réalisé notre programme de vols commerciaux avec 3 à 4 avions. On a été obligé d’immobiliser certains appareils sur le mois de septembre et le mois d’octobre également car nous n’avions pas de quoi occuper nos 10 Airbus long-courriers.

Pour cette période, on privilégie l’utilisation de trois A350 pour continuer à desservir la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane mais aussi pour les vols d’EVASAN qui sont aussi opérés en A350. C’est donc nos A330 que nous avons immobilisés temporairement dans le Sud de la France. Fin 2021, la flotte passera à 3 A330, 3 A350-900 et 3 A350-1000. 

/// ACTU-AERO : Quelle a été la posture de la compagnie quand la situation sanitaire s’est aggravée en outre-mer ?

Yoann Paulin : Nous avons été sollicités par l’État français pour réaliser des vols d’évacuation sanitaire de manière à désengorger les services de réanimation en outre mer.

On a équipé deux A350-900 pour l’opération « Hippocampe » du ministère de la santé, car la pressurisation de la cabine de l’avion vraiment exceptionnelle permet d’avoir une altimétrie et des conditions de circulation de l’air plus favorables. Le ministère de la santé nous a retenu pour effectuer ces vols avec cet avion de dernière génération qui facilite grandement le travail des soignants pour ce type de mission.

Nous avons à la fois des demandes de vol EVASAN sur les Antilles et aussi sur Tahiti, qui ne fait pas partie du réseau Air Caraïbes mais qui est desservi par notre compagnie sœur French Bee. On a donc opéré des vols EVASAN pour le compte de French Bee entre Papeete et Paris ; donc 19h de vol avec une escale sur Pointe-à-Pitre pour évacuer 6 à 8 personnes qui étaient en réanimation.

Au total, nous avons effectué 13 vols en EVASAN pour ramener vers la métropole à-peu-près 120 patients.

/// ACTU-AERO : Quel programme et quelles nouveautés pour l’hiver ?

Yoann Paulin : Nous avons présenté un programme qui s’inscrit dans la dynamique de ce que l’on avait fin 2019 mais l’arrivée de deux nouveaux A350-1000 cette année, un premier en juin et un second attendu en décembre,  va nous permettre d’augmenter notre offre de 20% par rapport à  2019. (programme de vols en fin d’article)

C’est ambitieux mais nous avons espoir de pouvoir remplir ces vols car, encore une fois, il y a de la demande sur nos destinations et on espère que les conditions sanitaires seront favorables.

En cette période Covid on a assoupli notre politique commerciale jusqu’à la fin mars 2022. On peut ainsi réserver un billet d’avion pour les six mois à venir et le modifier sans frais, se faire rembourser ou obtenir un avoir. Cela permet à nos clients d’avoir plus de visibilité et de réserver sans inquiétude.

/// ACTU-AERO : Quelles sont vos ambitions sur la Guyane ?

Yoann Paulin : C’est une destination très importante dans notre stratégie et qui fait partie de notre cœur de réseau.

Cela fait plus de cinq ans qu’on dessert la Guyane avec jusqu’à un vol par jour. Dans le contexte actuel nous avons un peu régulé pour descendre entre 3 et 4 vols par semaine en période creuse mais nous allons repartir sur 6 fréquences par semaine à la fin de  l’année avec un vol quotidien en période de pointe pour les fêtes de noël. On espère maintenir ce programme de vols.

Airbus A350-900 Air Caraïbes F-HHAV

En termes de produit de voyage, nous proposons le meilleur produit possible en «classe avant». On déploie depuis deux ans l’A350 pour offrir  un meilleur confort à notre clientèle affinitaire et affaires ; car la Guyane est aussi une destination Business avec Arianespace et un certain nombre d’ingénieurs ou de personnes travaillant à Kourou comme à Cayenne. 

Nous avons un concurrent présent historiquement sur l’axe Paris-Cayenne mais on arrive avec une politique de prix assez agressive sur cette destination, qui nous permet au fur et à mesure des années de prendre des parts de marché en s’inscrivant dans une dynamique conquérante.

Sur cette route stratégique, on arrive ainsi à garder un avantage tarifaire de l’ordre de 10 à 15% en proposant à la fois notre avion de dernière génération et de la fréquence de vol.

/// ACTU-AERO : Nous sommes maintenant 18 mois après l’arrivée du Covid. Comment Air Caraïbes a traversé cette période ? 

Yoann Paulin : Résilience est vraiment un terme approprié. Nous avons eu 18 mois vraiment très compliqués avec, comme tout le secteur, des pertes financières colossales qu’aucune compagnie n’avait connues avant. Le phénomène de last-booking notamment (réservation de dernière minute) nous oblige à être plus réactifs et à s’adapter. On va sortir plus fort à ce niveau là.

Pour le moment les conséquences sur l’emploi sont faibles car nous nous sommes engagés à maintenir l’ensemble de nos contrats en CDI grâce à la signature d’un APC (NDLR : accord de performance collective) qui  nous a permis de réduire la masse salariale de 10% avec l’accord des syndicats pour maintenir l’emploi. Évidemment il y a des CDD qui n’ont pas été renouvelés à certaines périodes mais on fait de nouveau appel à des contrats saisonniers pour répondre au pic d’activité de fin d’année comme on l’a déjà fait en juillet-août. On repart même sur une dynamique d’embauche et on recrute sur certains métiers pour lesquels il faut investir.

/// ACTU-AERO : Avez-vous bénéficié d’aides de l’État et globalement comment voyez-vous l’avenir ?

Yoann Paulin : Comme certains transporteurs on a eu des aides sur les charges fixes, les fameux 10 millions d’euros que toutes les compagnies aériennes françaises ont eu mais ce n’est pas suffisant et nous sommes actuellement  en discussion avec l’État. Notre Président Marc Rochet suit ces dossiers de près avec le ministère des finances pour pouvoir les faire aboutir assez rapidement à des aides supplémentaires. Comme je vous l’ai indiqué, les pertes que l’on a subi sur 2020 et 2021 sont assez conséquentes et on a besoin du soutien de l’État. 

Globalement on espère que la crise va se terminer le plus rapidement possible, qu’aux Antilles la vaccination va avancer et que dès que les conditions le permettront on sortira grandi de cette crise subie pour repartir le plus rapidement possible sur des bénéfices. Nous avons besoin de renouer avec les bénéfices pour continuer notre développement.

A350-941 F-HHAV Air Caraïbes

A350-941 F-HHAV d’Air Caraïbes

Programme Air Caraïbes hiver 2021-2022

Air Caraïbes renforcera son offre transatlantique depuis Paris pour l’hiver 2021-2022 avec les vols vers l’île de Saint-Martin et La Havane, à Cuba.

 Paris-Orly <> Pointe-à-Pitre : jusqu’à 21 vols/sem à partir de 378€ A/R
Paris-Orly <> Fort-de-France : jusqu’à 19 vols/sem à partir de 379€ A/R
Paris-Orly <> Cayenne : jusqu’à 6 vols/sem à partir de 579€ A/R
Paris-Orly <> Punta-Cana : jusqu’à 6 vols/sem à partir de 500€ A/R
Paris-Orly <> Port-au-Prince : 1 vol/sem à partir de 663€ A/R
Paris-Orly <> Saint-Martin Juliana : jusqu’à 3 vols/sem à partir de 540€ → A/R dès le 17 décembre 2021
Paris-Orly <> La Havane : 3 vols/sem à partir de 554€ A/R dès le 6 janvier 2022

L’offre de vols transatlantiques est complétée par le réseau régional d’Air Caraïbes au départ de Pointe-à-Pitre vers Fort-de-France, Saint Domingue (République Dominicaine), Saint-Martin (Grand-Case) et Saint-Barthélemy (opérée par Saint Barth Commuter).

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visuels : JB.Rouer et G.Février

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