L’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE) a réalisé début juin une première en procédant à des tirs air‑air contre des cibles de type drone depuis un hélicoptère H225M Caracal, lors d’une campagne menée les 1er et 2 juin 2026 sur le champ de tir de Biscarrosse (Landes).
Jusqu’ici, l’armement de sabord du Caracal n’était employé qu’en air‑sol, pour l’appui‑feu ou la protection rapprochée. Cette évolution marque une étape importante dans la montée en puissance des capacités françaises de lutte anti‑drone.
Une réponse directe aux enseignements des conflits récents
Face à la généralisation des drones sur les théâtres d’opérations — Ukraine, Proche et Moyen‑Orient notamment — l’AAE accélère l’adaptation de ses moyens. L’objectif : disposer d’une défense aérienne élargie, multicouche et graduée, capable de traiter des menaces variées, lentes ou rapides, à basse ou haute altitude.
En quelques mois, plusieurs solutions ont été développées pour répondre à des besoins opérationnels urgents, privilégiant des systèmes rapides à mettre en œuvre, économiques et compatibles avec les plateformes existantes.
Une campagne menée avec la DGA et le CEAM
Conduite en coopération avec la Direction générale de l’armement (DGA) et le Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM), la campagne de Biscarrosse a permis de valider l’emploi de l’armement de sabord du Caracal en mission air‑air. Les tireurs embarqués ont neutralisé des cibles en vol simulant des drones, confirmant la pertinence de cette capacité nouvelle.

L’exercice a également mobilisé des AS555 Fennec, qui ont réalisé des tirs au canon de 20 mm. Ce mode d’action est déjà utilisé en opérations extérieures, notamment au Proche et Moyen‑Orient, dans le cadre d’accords de défense bilatéraux.
Une diversification rapide des moyens anti‑drones
L’expérimentation Caracal s’inscrit dans une série de projets visant à doter l’AAE d’un éventail complet de capacités LAD. Plusieurs vecteurs sont en cours d’adaptation :
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Rafale : emploi de roquettes guidées laser pour traiter des menaces rapides ou évoluant en altitude.
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MQ‑9 Reaper : intégration du missile Hellfire pour des tirs d’opportunité après détection prolongée d’une menace.
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Rafale (canon) : amélioration de la conduite de tir pour accroître la précision à faible coût.
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AS555 Fennec : emploi du canon de 20 mm pour des menaces lentes et proches de la zone à défendre.
À terme, l’AAE prévoit également de déployer des drones anti‑drones, actuellement en phase d’expérimentation.
Le Caracal, la polyvalence au sens lourd
Entré en service en 2006, le H225M Caracal est l’un des hélicoptères les plus polyvalents de l’AAE. Conçu pour les missions de recherche et sauvetage au combat, il intervient aussi en appui‑feu, contre‑terrorisme, transport tactique et évacuation sanitaire. Sa capacité de ravitaillement en vol, combinée à un emport supérieur à 5 tonnes, lui permet d’être engagé dans des missions de haute intensité.

L’AAE dispose aujourd’hui de 19 Caracal, un parc qui doit passer à 27 appareils dans les prochaines années. Ils sont basés à Cazaux pour la métropole, et déployés en Guyane, à Djibouti et bientôt en Nouvelle‑Calédonie, où ils remplaceront progressivement les SA 330 Puma.
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