Airbus Defence and Space et l’américain Kratos Defense & Security Solutions ont franchi une étape importante dans le développement de leurs futurs systèmes de combat collaboratif en réalisant le premier vol européen du drone de combat U740 Valkyrie.

Mené sur un site d’essais situé en Europe du Nord, ce vol valide les principales capacités de la plateforme et ouvre la voie à une campagne d’essais plus ambitieuse en vue d’une entrée en service à l’horizon 2029.

L’objectif est de proposer aux forces armées allemandes et à d’autres pays européens un drone de combat collaboratif, ou Collaborative Combat Aircraft (CCA), capable d’évoluer aux côtés d’avions de combat pilotés comme l’Eurofighter.

Une première campagne d’essais réussie pour le Valkyrie

Selon Airbus, le vol inaugural a permis d’atteindre l’ensemble des objectifs prévus. L’appareil a notamment effectué un décollage assisté par fusée sans nécessiter de piste classique, avant d’enchaîner des évolutions à différentes altitudes et vitesses jusqu’à Mach 0,8.

Les équipes d’essais ont également validé des modifications de mission en vol, une capacité essentielle pour ce type de système destiné à intervenir dans des environnements opérationnels évolutifs.

Cette première campagne constitue une étape importante dans l’européanisation du programme Valkyrie, déjà développé et testé aux États-Unis par Kratos au travers de la famille XQ-58A Valkyrie.

Le système MARS au cœur de l’approche européenne d’Airbus

Au-delà de la plateforme elle-même, Airbus met en avant l’intégration de son système de mission MARS (Multi-platform Autonomous Reconfigurable and Secure), qui doit constituer le cœur de l’architecture opérationnelle européenne du programme.

Cette solution logicielle permet de piloter les missions, de gérer l’autonomie de l’appareil et de coordonner plusieurs drones au sein d’un même groupe de combat. Airbus souligne que les applications, les données et les architectures critiques demeurent sous contrôle européen, un enjeu devenu central pour les programmes de défense du continent.

Le système repose également sur l’intelligence artificielle afin d’automatiser certaines fonctions, tout en maintenant une supervision humaine permanente des décisions critiques conformément aux exigences opérationnelles, juridiques et éthiques imposées aux forces armées.

Un futur équipier pour l’Eurofighter

Le Valkyrie appartient à la nouvelle catégorie des drones de combat collaboratifs qui doivent accompagner les avions de chasse dans les opérations de haute intensité.

Ces appareils sont conçus pour remplir des missions particulièrement risquées, qu’il s’agisse de pénétration en zone contestée, de reconnaissance, de guerre électronique ou encore de frappes. Ils permettent ainsi de limiter l’exposition des équipages humains tout en augmentant le volume de forces disponibles sur le théâtre d’opérations.

Pour Airbus, le Valkyrie pourrait notamment renforcer les capacités de l’Eurofighter en apportant davantage de portée, de puissance de feu et de survivabilité aux dispositifs aériens européens.

Cette approche s’inscrit dans une tendance de fond observée aux États-Unis, en Europe et dans la région Asie-Pacifique, où les drones collaboratifs sont désormais considérés comme un élément essentiel des futures opérations aériennes.

À Manchester, en Allemagne, Airbus prépare actuellement deux Valkyries pour leur premier vol avec son système de mission européen. La photo montre l'une d'elles.

Drone Valkyries avec son système de mission européen – Airbus

Un drone de trois tonnes capable d’opérer à longue distance

Le U740 Valkyrie affiche des dimensions relativement compactes avec une longueur de 9,1 mètres et une envergure de 8,2 mètres.

L’appareil dispose d’une soute interne d’emport ainsi que de points d’emport externes sous les ailes permettant l’intégration de capteurs, de systèmes spécialisés ou d’armements.

Sa masse maximale au décollage atteint environ trois tonnes. Airbus annonce un rayon d’action supérieur à 5 000 kilomètres ainsi qu’une altitude opérationnelle pouvant atteindre 45 000 pieds.

Le système peut être employé de façon autonome ou sous le contrôle direct d’un avion de combat piloté. Son architecture lui permet également d’utiliser différents modes de lancement, incluant un décollage assisté sans piste ou des opérations conventionnelles depuis un aérodrome classique.

Une étape stratégique pour les ambitions européennes

Ce premier vol européen intervient alors que plusieurs pays du continent accélèrent leurs investissements dans les systèmes autonomes de combat afin de compléter leurs flottes d’avions pilotés.

Pour Airbus, le programme Valkyrie constitue l’une des briques majeures de sa stratégie dans le domaine des Collaborative Combat Aircraft, aux côtés des futurs systèmes liés au programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) porté par la France, l’Allemagne et l’Espagne.

Avec cette première démonstration en vol réalisée en Europe, le groupe franchit une étape significative dans le développement d’une capacité de drone de combat collaborative destinée à renforcer l’autonomie stratégique des forces aériennes européennes à l’horizon de la prochaine décennie.

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visuels : Airbus

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