Le trafic aérien international, sans surprise, croît à raison de 4,8 à 5% par an, ce qui induit un doublement tous les 15 ans et c’est en Asie que la croissance sera la plus forte. L’association du transport aérien international corrobore cette tendance : en 2014, le trafic avait augmenté de 5,9% par rapport à 2013.

/// La croissance du trafic aérien génératrice d’embauches

Les chiffres du GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) concernant la situation de l’emploi en 2014 donnent une idée plus précise des flux. 10000 personnes ont été recrutées en 2014 et près de 50 000 sur 4 ans. Pour 2015, ce chiffre sera un peu moindre avec 8000 embauches qui compenseront les départs prévus. Deux autres indicateurs sont intéressants : le nombre de contrats d’apprentissage a augmenté de 5% et l’essentiel des recrutements s’effectue en CDI (82%) et le reste en CDD. Toutefois, le président du GIFAS, Marwan Lahoud, a précisé, lors de la conférence annuelle du groupement, que 2000 postes n’avaient pas été pourvus en 2014, faute de profils expérimentés.

Par exemple, les chiffres du trafic aérien français montrent qu’en août, celui-ci a augmenté de 3,5% par rapport à 2014 qui était déjà une bonne année. La plupart des aéroports français ont profité de cette hausse en 2015, excepté Marseille qui perd 0,2% de son trafic, la plus forte hausse concernant Beauvais avec 11,3% de passagers en plus sur un an.

Cette croissance du trafic engendre naturellement des besoins même s’il est plus difficile de les cerner en matière de volume d’embauche. Les plateformes sont toutes des pôles d’attractivité en matière d’emploi.

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/// Des opportunités d’emploi de pilotes, mais à l’étranger

Concernant l’emploi des pilotes, les études de Boeing sur le long terme laissent toujours les observateurs un peu dubitatifs. L’emploi à court et moyen terme est certainement le moins visible. Les grandes compagnies françaises n’embauchent plus depuis longtemps. Les derniers événements au sein d’Air France et la mis sen place des plan transformé et Perform, montrent même une réduction de voilure de la compagnie nationale. Les embauches massives sur le sol français sont pour le moment bloquées.

Désormais, l’embauche se fait sur des volumes plus réduits et de manière très discrétionnaire. Un espoir subsiste malgré tout avec le développement de compagnies française de type low-cost, avec des projets comme celui du groupe Dubreuil qui possède Air Caraïbe et qui nécessiterait une centaine d’embauches à l’horizon 2020. Alexandre de Juniac, Directeur Général d’Air France-KLM espère lui aussi pouvoir à nouveau relancer des recrutements dès 2018-2019 pour accompagner le développement, qu’il souhaite rapide, de la filiale française de Transavia.

Pour faire décoller une carrière, il faut désormais s’expatrier pour avoir un peu plus de chances  : au Royaume-Uni, en Suisse, en Afrique, en Chine, en Asie, au Moyen-Orient. Dans certaines zones, l’emploi s’effectue avec une expérience limitée comme en Espagne où Vueling s’est lancée dans le recrutement de 200 pilotes, ou en Asie. En Chine, en revanche, une solide expérience est requise. Autre exemple, la compagnie Ryanair embauche régulièrement des pilotes pour ses B737. Cette expérience sert souvent de tremplin pour aller vers des compagnies anglophones qui apprécient les procédures techniques de Ryanair.

Plus que jamais, le marché de l’emploi des pilotes est un marché discret fonctionnant beaucoup par réseau. Toutefois, certains responsables d’écoles sentent des signes positifs de reprise auquel les postulants doivent se préparer.

©Airbus

/// Besoin d’ngénieurs et surtout de techniciens

Le secteur aéronautique affiche un dynamisme soutenu. Le carnet de commandes des deux grands constructeurs représente environ 7 à 8 années de production. Les chiffres d’Airbus restent élevés bien que légèrement en deçà des chiffres record de 2014 (1456 commandes).

Le constructeur européen a livré 49 appareils et engrangé 121 commandes pour le seul mois de septembre. Pour 2015, il en est à 800 commandes et 600 avions livrés. De son côté, Boeing a obtenu 449 commandes et livré 503 appareils. Lors du Salon du Bourget en juin dernier, ATR a dépassé le cap des 1500 commandes totales pour ses programmes d’avions régionaux ATR-42 et ATR-72, avec 46 commandes fermes assorties de 35 options. 1200 appareils ont déjà été livrés, le carnet de commandes net est de 300 appareils, soit environ trois ans de production.

Du côté de Dassault, 2015 aura été l’année des premières ventes de Rafale en Egypte puis au Qatar. Le contrat indien est toujours dans les tuyaux. Le constructeur va devoir produire plus et adapter ses effectifs.

Les prévisions des grands constructeurs à long terme n’ont pas beaucoup évolué depuis un an. Airbus prévoit toujours 32 585 livraisons à l’horizon 2034, soit un doublement de la flotte actuelle (environ 17354 appareils). L’essentiel concernera les monocouloirs de type Airbus A320 avec près de 23 000 appareils. Dans son étude prévisionnelle, Boeing estime que la flotte est constituée de 21000 appareils. En revanche, il table également sur un doublement de la flotte d’ici 2034 avec 43 560 appareils. Boeing a revu également à la hausse son estimation de la demande de pilotes et de techniciens, qui sera respectivement de 558 000 et 609 000 pour 2034.

Les grands programmes de conception sont achevés, les constructeurs doivent désormais honorer leurs commandes. Les besoins sont importants dans tous les domaines classiques de la construction : l’assemblage, l’usinage, le montage cellule. On a aussi besoin d’ingénieurs qui organisent cette phase de production. Il faut également du personnel pour organiser la logistique de production. La phase production absorbera environ les trois quarts des recrutements. Le secteur conserve naturellement une part importante de recherche et développement pour concevoir les solutions techniques innovantes destinées à améliorer l’existant et préparer les démonstrateurs (aéronefs) qui valideront ces innovations.

Pour découvrir les débouchés et métiers que propose le secteur, visitez le 24e Salon des Formations et Métiers Aéronautiques qui se tiendra du 29 au 31 janvier 2016 au musée de l’Air et de l’Espace, aéroport Paris-Bourget, France. 

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Visuels : Cockpit of Air France A380 F-HPJC par Andy MitchellCC BY-SA 2.0 / ©Airbus

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