Ce jeudi matin le musée aéronautique Aeroscopia, installé à proximité du tarmac de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, a pris livraison d’un exemplaire d’Airbus A380 qui vient enrichir la collection d’aéronefs civils présentée au public. En l’espace de trois jours, la collection du musée s’est enrichie de trois nouveaux pensionnaires offerts par le constructeur avec un A340-600 arrivé mardi et le tout premier A320 transféré hier.

 

L’A380-841 MSN002, immatriculé F-WXXL, repeint aux couleurs d’Airbus a été tracté ce matin vers le tarmac du musée avec le plus grand soin sous le regard des nombreux passionnés ayant fait le déplacement.

Cet appareil à l’histoire spéciale est le second exemplaire des quatre avions d’essais utilisés par Airbus dans le cadre des campagnes de tests en vol du Super Jumbo. Plus lourd que la version de série avec ses 275 tonnes, cet A380 aurait normalement dû devenir la propriété d’un richissime prince saoudien et recevoir un aménagement VIP, mais le compte de fée s’est finalement transformé en cauchemar. L’avion sans aménagement cabine et sans moteur la plupart du temps, a depuis plus de 10 ans patiemment roulé sa bosse de parkings en hangars avant de trouver son salut dans la conservation au musée qui le sauve du démantèlement. On vous raconte.

 

Alors qu’Airbus se retrouve avec cet avion sur les bras, un peu trop lourd donc plus gourmand en kérosène et nécessitant des maintenances différentes des modèles d’A380 de série, le constructeur décroche en novembre 2007 durant le salon de Dubaï un contrat pour le vendre. L’acquéreur, le riche prince saoudien Al-Walid, déjà propriétaire d’un exemplaire VIP de Boeing 747, signe un contrat avec Airbus pour un montant estimé à l’époque par le magazine Forbes à 130 millions de dollars, alors que le prix d’un A380 neuf au prix catalogue était à l’époque de 319 millions de dollars, et verse un premier acompte de 55 millions de dollars au constructeur. Le prince prévoit ainsi d’aménager son futur avion en version VIP ultra luxueuse qui pourrait accueillir un maximum de 20 passagers privilégiés à son bord. Toujours selon Forbes, l’investissement prévu par le prince pour l’aménagement de la cabine était de l’ordre de 370 millions de dollars.

Mais un grain de sable va venir contrarier les plans du prince et bloquer progressivement les rouages de la transaction : la crise financière mondiale de 2008. Dès lors, les échéances de paiement ne sont plus assurées et l’acquéreur cherche à revendre son gros A380 au plus offrant sans y parvenir. En août 2017, F-WXXL réalise son dernier vol comme un baroud d’honneur avant de tirer sa révérence. N’en ayant pas l’utilité et se refusant à démanteler l’avion, Airbus conservera ainsi l’appareil en stockage durant 10 ans dans un coin de ses installations, ou plutôt plusieurs coins, avant d’annoncer finalement son transfert au musée Aeroscopia.

 

/// Une collection qui prend du galon

Le musée Aeroscopia, dont la collection manquait encore cruellement d’avions modernes jusqu’à cette semaine, détenait pourtant plusieurs aéronefs ayant marqué l’histoire de l’industrie aéronautique française. Une Caravelle SE 210 Sud-aviation, ex Air Inter immatriculé F-BTOE n°280, retirée du service en 1995 ; deux exemplaires de Concorde Sud-aviation-British Aircraft Corporation dont le 1er conforme à la production de série (201) immatriculé F-WTSB ; un Airbus Industrie A300B MSN 238, livré en 1984 à la PANAM et un Aero Spacelines Super Guppy SGT 201, l’ancêtre du Beluga ST et du Beluga XL.

Depuis cette semaine le musée dispose du premier exemplaire d’A340-600 [F-WWCA / CN360], du premier exemplaire construit d’Airbus A320 [MSN 001] et maintenant d’un Super Jumbo, dont la production de série doit malheureusement prendre fin en 2021.

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/// Le 1er Airbus A320 construit entre au musée Aeroscopia

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visuels : F.Péraudeau


 
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