Le gouvernement a officialisé la commande de deux nouveaux Canadair destinés à la flotte de la Sécurité civile, lors d’une visite ministérielle sur la base aérienne de Nîmes.

Ces appareils, qui porteront à terme la flotte française à 16 bombardiers d’eau, ne seront toutefois pas livrés avant 2032‑2033, en raison des délais industriels du constructeur De Havilland Canada.

Cette annonce s’inscrit dans un plan plus large de renforcement des moyens de lutte contre les feux de forêt, comprenant notamment le doublement de la flotte de véhicules terrestres d’ici 2028 et le déploiement de renforts européens dès l’été 2026.

Une montée en puissance progressive de la flotte aérienne

La France dispose aujourd’hui de 12 avions bombardiers d’eau, répartis entre 6 Canadair et 6 Dash 8, un parc devenu insuffisant face à l’intensification des incendies liée au réchauffement climatique. En 2025, près de 15 000 départs de feux ont été recensés, un niveau inédit qui impose une mobilisation plus rapide et plus massive des moyens aériens.

Deux premiers Canadair avaient été commandés en 2024, pour une livraison prévue en 2028. Le nouveau contrat signé ce 4 juin 2026 porte sur les 15e et 16e appareils de la flotte française, attendus en 2032 et 2033. L’objectif est d’atteindre 14 avions en 2028, puis 16 à l’horizon 2032‑2033.

Une filière industrielle relancée tardivement

La production du Canadair CL‑415 avait été interrompue en 2015, faute de commandes, avant que De Havilland Canada ne relance la chaîne en 2022 avec une version modernisée, le DHC‑515. Ce modèle, proposé autour de 45 à 50 millions d’euros, bénéficie d’améliorations structurelles et avioniques, mais reste soumis à un carnet de commandes mondial très chargé, expliquant les délais de livraison.

Cette situation a conduit la France à sécuriser ses créneaux de production dès 2024, puis à confirmer deux appareils supplémentaires en 2026.

Des alternatives françaises en développement

Parallèlement à l’acquisition de Canadair, plusieurs projets nationaux visent à proposer des solutions souveraines de bombardiers d’eau nouvelle génération. Deux programmes avancent particulièrement :

Le FF72 se distingue par une capacité annoncée de 8 000 litres, soit 30 % de plus qu’un Canadair, tout en affichant un coût d’achat divisé par deux et des coûts opérationnels réduits de 50 %. Après une première commande de 10 appareils par les États‑Unis, le constructeur espère désormais convaincre le ministère de l’Intérieur d’intégrer ce modèle dans la flotte nationale dès la saison 2029.

Une stratégie globale face à l’intensification des feux

Entre l’augmentation du nombre de feux, la multiplication des épisodes de canicule et la nécessité d’intervenir plus tôt pour éviter les méga‑feux, la France accélère la modernisation de ses moyens aériens. Le renforcement de la flotte de Canadair, combiné au développement de solutions françaises et à l’appui européen, doit permettre d’améliorer la capacité de réponse du pays dans les années à venir.

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visuels : ACTU AERO et Positive Aviation

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