Open Cosmos franchit une nouvelle étape dans son développement spatial avec l’annonce de ConnectedCosmos, une future constellation de 192 satellites en orbite terrestre basse (LEO).
L’entreprise européenne prévoit de mettre en service plus de 96 satellites d’ici à la fin de l’année 2028, avant d’atteindre une couverture mondiale complète à l’horizon 2030. Un prochain lancement est d’ailleurs attendu avant la fin de l’année.
Cette infrastructure vise à répondre aux besoins croissants des gouvernements, institutions et opérateurs industriels en matière de connectivité sécurisée, de résilience des communications et de maîtrise des données stratégiques. Dans un contexte marqué par la montée des tensions géopolitiques, des cybermenaces et des risques de perturbation des infrastructures critiques, Open Cosmos entend proposer une alternative européenne aux réseaux spatiaux existants.
Une constellation dédiée aux communications critiques et sécurisées
ConnectedCosmos repose sur une architecture conçue pour maintenir les échanges de données sensibles dans l’espace, tout en limitant la dépendance aux infrastructures terrestres. L’objectif est de permettre le transfert direct de volumes importants de données, qu’il s’agisse d’images satellitaires brutes, de flux vidéo ou encore de répliques complètes de bases de données.
L’entreprise met également en avant la capacité du système à fonctionner dans des environnements où les signaux GNSS, utilisés notamment pour le positionnement et la synchronisation, sont brouillés ou dégradés. Ce type de résilience devient un enjeu majeur pour les opérations gouvernementales, militaires ou de sécurité civile.
Au cœur du dispositif figurent des liaisons optiques intersatellites, ou O-ISL (Optical Inter-Satellite Links). Cette technologie permet aux satellites de communiquer directement entre eux grâce à des faisceaux laser, sans dépendre systématiquement de stations au sol. Une telle approche réduit l’exposition aux vulnérabilités potentielles des infrastructures terrestres et des câbles sous-marins internationaux.
Observation de la Terre et connectivité au sein d’un même écosystème
Contrairement à de nombreux opérateurs qui séparent leurs activités d’observation de la Terre et de télécommunications, Open Cosmos souhaite intégrer ces deux fonctions dans un même système.
ConnectedCosmos servira ainsi de réseau de transmission aux satellites d’observation déployés pour les clients de l’entreprise. Qu’il s’agisse de missions dédiées ou de satellites intégrés à sa plateforme Open Constellation, les données collectées pourront être acheminées et exploitées au sein d’une chaîne unique.
Cette architecture a pour ambition de raccourcir le délai entre l’acquisition des données et leur exploitation opérationnelle. Les utilisateurs pourraient ainsi disposer plus rapidement d’informations directement exploitables pour la prise de décision dans les domaines de la défense, de la gestion des crises, de la surveillance environnementale ou encore des infrastructures critiques.
Une montée en puissance industrielle en Europe
Pour soutenir ce programme, Open Cosmos s’appuie sur ses capacités industrielles en Europe et affirme pouvoir produire jusqu’à un satellite par jour. L’entreprise envisage également d’élargir son modèle en favorisant l’interopérabilité avec d’autres systèmes spatiaux européens indépendants.
Cette approche vise à fédérer davantage d’acteurs du secteur spatial européen tout en permettant à chaque opérateur de conserver le contrôle de ses propres infrastructures. Selon l’entreprise, un tel modèle pourrait renforcer la robustesse globale des capacités orbitales européennes et faciliter l’intégration de nouvelles générations de satellites.
Une levée de fonds de 300 millions d’euros pour accélérer le projet
L’annonce intervient quelques semaines après la levée de 300 millions d’euros réalisée par Open Cosmos. Ces financements doivent permettre d’augmenter les capacités de production de satellites et d’accélérer le développement de plusieurs activités stratégiques du groupe, notamment ConnectedCosmos, sa plateforme d’observation OpenConstellation ainsi que DataCosmos.
Parallèlement au déploiement initial de la constellation, l’entreprise indique mener des discussions avancées avec plusieurs opérateurs de lancement afin de sécuriser de nouvelles missions prévues entre la fin de l’année 2026 et la mi-2027.
Avec ConnectedCosmos, Open Cosmos se positionne sur un marché stratégique où les enjeux de souveraineté numérique, de résilience des communications et d’accès autonome à l’espace prennent une importance croissante pour les États et les institutions européennes.
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visuel : ConnectedCosmos
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