L’avionneur européen publie ce matin ses résultats financiers consolidés pour l’exercice 2020 et affiche une perte nette de 1,1 milliard d’euros en 2020 sous l’effet de la pandémie mais affiche une trésorerie nette de 4,3 milliards d’euros au 31 décembre.  Le groupe limite la casse en comparaison de son rival américain Boeing qui publie une perte supérieure à 11 milliards de dollars pour 2020 en raison de la crise et du programme 737 MAX.

L’année dernière dans un contexte de marché défavorable Airbus a réussi à livrer 566 avions commerciaux mais ne prévoit pas de rebond à court terme en anticipant un niveau de livraisons similaire pour 2021.

Les difficultés du secteur de l’aviation commerciale liées à la chute brutale du trafic aérien se sont traduites par une baisse des volumes de livraison et de commande mais ont en partie été compensées par les activités hélicoptère, défense et espace du groupe.

Les commandes nettes d’avions commerciaux de 2020 s’élèvent à 268 (contre 768 en 2019) et le carnet de commandes de l’industriel totalise 7 184 appareils commerciaux restant à produire au 31 décembre 2020. La branche Airbus Helicopters a enregistré 268 commandes nettes (310 en 2019), dont 31 exemplaires de NH90 pour la Bundeswehr au quatrième trimestre. Le secteur de la défense et de l’espace est resté plus dynamique en 2020 et les prises de commandes de Defence and Space ont progressé en valeur  de 39 % pour atteindre 11,9 milliards d’euros grâce au contrat signé en novembre pour la livraison de 38 nouveaux Eurofighters à l’armée de l’air allemande.

/// Défense : L’armée allemande commande 38 Airbus Eurofighter 

La valeur des prises de commandes consolidées d’Airbus recule de plus de 51% en 2020 pour s’établir à 33,3 milliards d’euros contre 81,2 milliards d’euros en 2019 avec un carnet de commandes consolidé évalué à 373 milliards d’euros au 31 décembre 2020 (471 milliards d’euros fin 2021). Une diminution qui s’explique par le nombre de livraisons supérieur aux prises de commandes mais aussi par l’affaiblissement du dollar américain face à l’euro.

Avec 34 % de livraisons en moins par rapport à l’année précédente, le chiffre d’affaires consolidé d’Airbus chute de 30% à 49,9 milliards d’euros contre 70,5 milliards d’euros en 2019. Au cours de l’année Airbus a livré 566 avions commerciaux (863 en 2019), dont 38 A220, 446 de la famille A320, 19 A330, 59 A350 et 4 A380. Au quatrième trimestre le volume de livraison d’avions commerciaux s’est nettement accéléré avec 225 unités, dont 89 en décembre. En 2020, Airbus Helicopters a livré 300 unités (332 en 2019) avec une augmentation des revenus d’environ 4% soutenue par la croissance des services et les revenus d’Airbus Defence and Space ont reculé d’environ 4 %. Airbus a livré 9 appareils de transport militaire A400M au cours de l’année parmi lesquels le premier exemplaire de la Belgique en décembre, sur un total de sept exemplaires en commande.

Dès le début de la crise sanitaire le groupe a engagé diverses mesures pour limiter les effets de la pandémie en ajustant son niveau de production à la baisse rapide et inattendue de la demande d’ appareils neufs au moment où les compagnies aériennes clientes ne disposaient d’aucune visibilité sur l’évolution de la situation à moyen et court terme.

FAL Airbus A330 TAP

Le groupe espère livrer en 2021 un nombre d’avions commerciaux similaire à celui de 2020 mais va également opérer une augmentation graduelle des niveaux de production au 3e et 4e trimestre pour préparer 2022 qui s’annonce plus dynamique en terme de demande selon son président Guillaume Faury, qui explique par ailleurs que la compétitivité de la production des aérostructures en Europe doit encore s’améliorer, notamment par la baisse des coûts et en simplifiant la logistique.

Rappelons qu’en juillet dernier l’avionneur européen a annoncé son intention de supprimer environ  5 100 postes pour faire face aux conséquences de la crise, soit 11% des effectifs ( 5 000 postes en France, 5100 en Allemagne , 1 700 au Royaume-Uni, 900 en Espagne)

/// Production d’A321Neo à Toulouse bientôt relancée ?

Airbus pourrait confirmer prochainement le lancement d’une nouvelle ligne d’assemblage dédiée à l’A321Neo sur son site de Toulouse en lieu et place de celle du programme A380. Gelé provisoirement en raison de la crise du transport aérien, ce projet de nouvelle ligne d’assemblage final en France pourrait démarrer sa production à partir d’octobre 2022 comme initialement prévue et permettrait de maintenir quelque 600 emplois. La relance de projet est encore prématurée a précisé le PDG du groupe durant la conférence de presse de ce matin.

Le premier A321LR ACF

L’A321Neo, version remotorisée du plus grand avion de la famille A320, bénéficie en effet d’une demande plus soutenue de la part des opérateurs en raison de sa consommation de carburant et d’émissions plus faibles. De plus les nombreuses améliorations apportées au monocouloir, augmentation du nombre de sièges et de la distance franchissable avec les version, LR et XLR, permettent aux opérateurs de se positionner à moindre coûts sur des routes long-courriers normalement opérées par des appareils gros-porteurs ; limitant ainsi les coûts et les risques financiers à opérer des lignes à faibles niveaux de trafics. Un atout au moment où l’industrie aérienne n’entrevoit qu’une reprise poussive sur les 24 prochains mois et un retour à la normale de l’aviation commerciale espérée par les plus optimistes pour 2023 ou 2024.

L’A321Neo représente aujourd’hui plus de 31% du carnet de commandes d’Airbus avec 2997 unités en commande, sur un total de 7 184 avions fin janvier 2021. Actuellement l’A321Neo est uniquement assemblé à Hambourg (Allemagne) et à Mobile (USA).

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/// Airbus : pas de commande et 21 livraisons en janvier 2021

visuels : AIB et ACTU AERO

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