Le Bureau national de la sécurité des transports (NTSB) a livré mardi les premiers éléments issus de l’enregistreur de données du Boeing 767 cargo d’Amazon Prime Air, accidenté dimanche à l’aéroport international de Miami. Les données montrent que l’équipage a tenté une remise de gaz quelques secondes après un toucher de piste instable, avant d’y renoncer.
L’accident, particulièrement violent, a fait cinq morts et trois blessés graves, selon les autorités locales.

Un atterrissage asymétrique suivi d’une manœuvre interrompue

Les informations récupérées indiquent que l’avion a d’abord touché la piste avec le train avant et le train principal droit à 158 nœuds, trente secondes avant la fin de l’enregistrement. Dix-neuf secondes avant l’arrêt des données, le train principal gauche a à son tour impacté le sol à 134 nœuds, révélant un atterrissage instable.

Quelques instants plus tard, les freins ont été relâchés et la poussée augmentée jusqu’à des valeurs correspondant à une tentative de remise de gaz. Mais onze secondes avant la fin de l’enregistrement, la poussée a été réduite au minimum et les freins réappliqués. La vitesse résiduelle n’était plus que de 65 nœuds lorsque les données se sont interrompues.

Aucun déploiement des inverseurs ni des aérofreins

Le NTSB précise qu’aucune trace de déploiement des aérofreins ou des inverseurs de poussée n’apparaît dans les données. Ces systèmes, essentiels pour la décélération après l’atterrissage, sont habituellement activés dès le toucher des roues. Leur absence pourrait constituer un élément déterminant dans l’analyse de la séquence finale.

L’avion percute deux véhicules avant de s’immobiliser

Avant de s’immobiliser, le Boeing 767 a percuté deux véhicules.
Le premier se trouvait dans l’enceinte de l’aéroport, sur une voie de service. Le second circulait à l’extérieur, sur une route longeant le périmètre de Miami International Airport.
Ces collisions ont contribué à la gravité du bilan humain et compliquent l’analyse de la trajectoire finale de l’appareil.

Une équipe de 32 enquêteurs mobilisée à Miami

La présidente du NTSB, Jennifer Homendy, a indiqué que les deux pilotes seraient entendus mercredi. Les informations issues de l’enregistreur vocal de la cabine seront ensuite publiées.
Homendy supervise une équipe de 32 spécialistes déployés à Miami. L’une des deux pistes fermées depuis l’accident a pu être rouverte mardi en fin de journée, permettant la reprise des décollages vers l’est.

Un troisième vol de la journée pour l’appareil cargo

Le Boeing 767 effectuait son troisième segment de la journée. Parti de Cincinnati vers Miami, il avait ensuite assuré une rotation Miami–San Juan avant de revenir en Floride. L’accident s’est produit à 13 h 53 EDT (17 h 53 GMT), lors de l’atterrissage final.

Profil des pilotes : qualifications récentes sur 767

Le commandant de bord, âgé de 55 ans, détient sa qualification de type sur Boeing 767 depuis mai et totalise 7 145 heures de vol. Le copilote, 37 ans, a obtenu sa qualification en avril 2025 et cumule 2 655 heures de vol.
Ces éléments seront intégrés à l’analyse globale du NTSB, qui cherche à déterminer si l’expérience sur type a pu jouer un rôle dans la gestion de l’approche et de la remise de gaz avortée.

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visuels : NTSB

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