Les boîtes noires du vol ET302 d’Ethiopian Airlines arrivent ce jeudi matin à Paris – Le Bourget pour être analysées par les enquêteurs du BEA, le bureau d’enquête et d’analyse français, pour reconstituer les conditions et la cause du crash de dimanche dernier qui a coûté la vie à 157 personnes, dont 1 Belge, 9 français et 18 canadiens.

Mercredi soir les autorités éthiopiennes, qui ne disposent pas des équipements nécessaires, ont demandé au BEA son assistance pour l’analyse des FDR & CVR (Flight Data Recorder et Cockpit Voice Recorder). L’enquête est toujours diligentée par les autorités éthiopiennes qui seront seules habilitées à communiquer sur les avancées et résultats de l’analyse de ces boites noire. Le BEA français est considéré comme une référence mondiale en matière d’enquêtes aériennes. Boeing, la FAA et d’autres régulateurs impactés par le crash sont invités à participer aux investigations et devraient recevoir les données des FDR/CVR pour leur propre analyse mais l’avancée de l’enquête reste diligentée par l’état d’occurrence.

Cette décision de confier l’analyse des boîtes noires à un état autre que celui du constructeur de l’avion pourrait être interprété comme le signe d’une confiance amoindrie de l’Ethiopie envers le constructeur Boeing et les autorités américaines de la sûreté aérienne mais permet surtout d’éviter le risque de conflit d’intérêt qui pourrait exister.

/// Des similitudes avec le crash Lion Air selon la FAA

Hier dans la soirée, le Président Trump sous pression des opérateurs et des associations de personnels navigants a fini par annoncer l’interdiction de vol des 737 MAX 8 et 9 sur le territoire américain jusqu’à nouvel ordre. Conséquence, la plupart des 371 exemplaires de Boeing 737 MAX dans le monde sont désormais interdits de vol.  Le constructeur Boeing, dont les ventes et les livraisons de 737 MAX sont désormais bloquées, a déclaré hier soir qu’il « appuie la décision de la FAA » au nom du principe de précaution et dans le but de « rassurer les passagers quant à la sûreté de l’appareil » en précisant qu’il « continue d’accorder toute sa confiance dans la sécurité de ses avions 737 MAX ».

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Boeing 737 MAX 10

Un administrateur de la FAA, Daniel Elwell, a indiqué aujourd’hui à nos confrères de CNN que la décision de clouer au sol les 737 MAX aux États-Unis resterait en vigueur en attendant de nouveaux éléments émanant de l’analyse des boîtes noires du vol ET 302. Ce dernier a également précisé que les données du vol d’Ethiopian Airlines s’aligner avec celles de l’accident du vol Lion Air.

/// Vent de panique chez les opérateurs

Cette interdiction de vol sème le trouble voire la panique chez les opérateurs du modèle, obligés de revoir leurs programmes aériens à quelques jours du début de la saison IATA d’été 2019, contraignant les opérateurs à réorganiser leur opération, voire à louer des appareils pour pouvoir assurer leurs vols.

Certaines, comme la compagnie Low-Cost Norwegian qui connaît en ce moment de sérieuses difficultés financières, ont déjà commencé à réclamer des compensations financières à Boeing pour les pertes et les coûts engendrés par l’arrêt des opérations de leur flotte de 737 MAX. Hier Norwegian a dû recourir à un Boeing 787 pour opérer une ligne régionale, une opération pas très rentable sur le moyen et le long-terme. Les experts du secteur estiment le coût journalier de l’arrêt de la flotte entre 10 et 15 millions de dollars par jour que Boeing pourrait prendre en charge, comme il l’avait fait au moment de l’immobilisation temporaire des B787 en 2013. Selon le cabinet américain Melius Research and Jefferies, une immobilisation d’une durée de 3 mois de la flotte mondiale de 737 MAX pourrait coûter jusqu’à 5 milliards de dollars au constructeur américain.

/// Le Canada et les USA interdisent de vol le Boeing 737 MAX

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visuels : Eurospot et AAFAAF /// END

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