Comme il était à craindre, l’avionneur américain vient une nouvelle fois de repousser la date potentielle de retour en service des 737 MAX et table désormais sur le milieu de l’année 2020. Une nouvelle estimation relativement optimiste au vu du travail restant à accomplir pour décrocher le précieux feu vert de l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) et des autres autorités de réglementation du monde entier mais surtout sortir du stockage longue durée les avions déjà livrés et ceux en attente de livraison.

 

Confronté à la plus importante crise de son histoire, le groupe américain a dû stopper la production du MAX en janvier pour arrêter l’hémorragie des coûts sur le programme depuis bientôt un an, qui représentent selon les analystes financier un manque à gagner d’environ 1 milliard de dollars par mois mais doit aussi faire face à la défiance de la part d’association de pilotes, de clients et d’usagers du transport aérien qui se montrent pour certains encore très critiques sur le retour potentiel en vol du MAX.

Dans un communiqué transmis à notre rédaction ce matin, Boeing souligne ses efforts pour faire face à « certains risques connus relatifs au calendrier, ainsi qu’à d’autres événements pouvant survenir au cours du processus de certification. (…) Nous informons nos clients et nos fournisseurs que selon nos prévisions actuelles, le retour en service du 737 MAX débutera au milieu de l’année 2020. (…) Nous mesurons et regrettons les difficultés persistantes que l’immobilisation du 737 MAX induit pour nos clients, les autorités de réglementation, nos fournisseurs et les usagers du transport aérien.» Cette annonce avait déjà été anticipée par certaines compagnies aériennes qui ont décidé de décaler une nouvelle fois, voire de retirer le 737 MAX du programme de vols de l’été 2020. Air Canada annonce officiellement aujourd’hui le retrait des 737 MAX jusqu’au 30 juin 2020 mais dans le même temps retire l’avion de la ligne Vancouver-Newark jusqu’en octobre.

Depuis un an, les transporteurs ayant des avions cloués au sol ou en attente de livraison subissent des pertes de capacités qui impactent le résultat opérationnel et avancent « à tâtons » sans réelle  visibilité sur la date effective de reprise des vols commerciaux en 737 MAX, au rythme des annonces successives du constructeur qui n’a pas nom plus la pleine maitrise du calendrier pour la recertification de l’avion.

 

La semaine dernière Boeing a encore informé la FAA de la découverte d’une nouvelle faille logiciel sur le MAX. Cette derniére trouvaille concernait un logiciel en charge de surveiller l’intégrité et le bon fonctionnement du système anti-décrochage MCAS, pierre angulaire de l’avion encore en attente de certification de sa mise à jour et qui est mis en cause dans les crash de Lion Airlines en 2018 et d’Ethiopian Airlines en 2019 ayant fait au total 346 victimes.

/// Des coûts d’immobilisation au niveau MAX

Depuis l’interdiction de vol du 737 MAX au niveau international Boeing aurait déjà dépensé plus de 10 milliards d’euros de frais d’immobilisation, à raison de 1750 euros par appareil, estimait en septembre un analyste de Bloomberg en prenant aussi en compte les frais de maintenance des appareils parqués et l’indemnisation des compagnies aériennes. Un montant qui devaient encore augmenter d’ici la remise en vol et la livraison de tous les avions en attente, sans compter les dépenses liées à l’indemnisation des clients, des fournisseurs et des familles des victimes des deux accidents. Boeing a par exemple conclu fin 2019 un accord d’indemnisation avec la compagnie American Airlines dont le montant est resté confidentiel en réparation des pertes financières subis en 2019 suite à l’immobilisation de ses  vingt-quatre exemplaires de 737 MAX.

En octobre, l’avionneur a publié un bénéfice net pour le troisième trimestre divisé par deux à 1.17 milliard de dollars, bien inférieur aux attentes. Pour garder la tête hors de l’eau, le groupe est parvenu à négocier environ 6 milliards de dollars de prêt de la part des banques.

 

Une bonne nouvelle devait tout de même cette semaine éclaircir un peu l’horizon orageux de Boeing : le 777X devrait effectuer ce jeudi 23 janvier son premier vol d’essai. Un vol initialement prévue en juillet dernier que l’avionneur avait reporté en raison d’incidents logiciel et matériel.  Le décollage du 777X de Seattle est donc prévu demain à 19h00 heure de Paris (10h00 à Seattle) pour un vol de 5 heures et un atterrissage à minuit heure de Paris. Des changements peuvent intervenir d’ici là en fonction de la météo locale.

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/// Le 1er Boeing 777X prend son envol : suivez le décollage en direct

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AAF /// END

visuels : R.Khanna-Prade



 
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2 réflexions sur “/// Boeing : pas de certification du 737 MAX avant la mi-2020

  1. Cela ne choque pas le rédacteur de cet article le coût du parking « 10 milliards d’euros » ?
    Le parking est facturé 2000 US$ par mois par avion selon Bloomberg. Il suffit de multiplier par le nombre d’avion stationnés depuis la fin des livraison pour obtenir une estimation haute puisque les les premiers avions immobilisés sont restés chez Boeing convoyés.

    • Bonjour. Un analyste de Bloomberg Intelligence estimait en septembre dernier que le coût des avions stockés avoisine les 12 milliards de dollars (10,55 milliards d’euros) en incluant notamment des frais pour la maintenance des appareils immobilisés et l’indemnisation des compagnies aériennes pour des vols annulés en raison de l’absence de l’avion en flotte.

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